Hiver

Jon Fosse – Une mise en scène de Clémentine Lorain

Création et distribution en cours – 2022

Une femme rencontre un homme dans un jardin public. Elle l’aborde et, perdant l’équilibre, elle manque de tomber. La Femme est attachée à cet homme, qui semble touché d’amnésie, et tente de lui rappeler le lien impétueux qui les unit.

Malgré les préoccupations professionnelles que semble avoir l’Homme, une (nouvelle?) relation naît entre eux. La nature de cette dernière est relativement insaisissable, bien qu’évidemment tintée de tendresse. Dans un lit, les deux solitudes se rencontrent et se manquent. Elles se prêtent attention, mais échouent à se reconnaître.

Le téléphone sonne. On comprend dès lors que l’Homme mène une vie qui se soustrait totalement à ce qu’il traverse avec la Femme.

Un monde extérieur fait son apparition : L’Homme est marié. Cette rencontre s’achève sur l’énigme suivante: la Femme semble, tout comme l’était l’Homme au début, être devenue amnésique et avoir oublié leur relation.

 

Note d’intention

« À la naissance du projet, il y a mon désir de monter une pièce où aucun des personnages ne seraient jugés, une mise en scène qui se soustrairait à toute forme de procès vis-à-vis de ceux qu’elle expose. Le souvenir aussi de cette définition du « monstre », en cela qu’il est dans le même temps actif et passif: il est montré (monstrum) et il avertit (monere). Le sens premier du terme n’engage aucune connotation péjorative rejoint cette idée de désigner sans jugement. La pièce éveille en moi le désir de créer un espace de rencontre entre deux personnes qui tentent maladroitement de se considérer l’un l’autre, sans succès. Chacun semble demeurer prisonnier de sa solitude, sans parvenir à se reconnaître dans le visage de l’autre. Comment mettre en scène cette douleur, malhabile et involontaire, infligée à l’autre, sans la condamner? »

Clémentine Lorain